Regard sur

Milica Jankulovic, doctorante HED

 

Découvrez le témoignage de Milica Jankulovic, pasionaria de la cause des femmes immigrées et doctorante HED depuis octobre 2021

photo de Milica J.

« Titulaire d’une licence en sociologie en Serbie, d’un master en sociologie à l’EHESS et d’un parcours HED en complément d’un master en démographie à l’IDUP, mon cursus n’est pas classique mais il y a un fil conducteur : l’étude des conditions de vie et la défense des droits des femmes.

Les questions sociales m’ont toujours intéressée. Tout au long de mon parcours universitaire, en parallèle à un engagement associatif, je me suis concentrée sur un sujet qui me tient à cœur : l’impact de la domination patriarcale et des politiques migratoires sur la vie des femmes immigrées.
J’ai commencé à explorer cette question lors de mon master à l’EHESS - Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, spécialité Genre, politique et sexualité, et j’ai consacré mon mémoire à l’étude du droit au séjour, de la double violence et de leur prise en charge par les services de l’Etat (police, préfecture) ainsi que par les associations.

C’est dans ce cadre que j’ai été bénévole au sein de deux associations pendant environ trois ans où j’ai accompagné les femmes dans leurs démarches administratives de régularisation ou de renouvellement d’un titre de séjour et, pour certaines, dans leur demande d’asile voire même dans l’obtention de la nationalité française. Ce mémoire, intitulé « Un continuum de violence. La prise en charge des femmes étrangères victimes de violences conjugales en Île-de-France", a été encadré par Mathieu Trachman (Ined - Institut national d'études démographiques).

Lors des observations réalisées dans les associations, j’ai constaté que la santé de femmes en situation irrégulière ou précaire est plus dégradée que de celles avec un titre de séjour valide. Afin de comprendre davantage l’ampleur du lien entre le droit au séjour et la santé, mais cette fois sur un échantillon beaucoup plus important et en étudiant des données quantitatives, j’ai intégré le master 2, Expertise en démographie de l’Université Paris 1 ainsi que le master HED. De fait, j’ai effectué mon second mémoire de master 2, intitulé « Statut légal comme facteur associé à la santé perçue des femmes immigrées hébergées dans les hôtels sociaux en Ile-de-France », sous la direction d’Armelle Andro (Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et de Michel Guillot (INED) en me basant sur l’enquête DSAFHIR.

Les recherches effectuées jusqu’à présent ont mis en évidence que la proportion de femmes sans papiers déclarant une santé dégradée est plus importante que celle de femmes en situation régulière. Au-delà de la distinction avec/sans papiers, pour ma thèse encadrée par Armelle Andro et Cris Beauchemin (INED), je mobilise les données des enquêtes DSAFHIR, TeO2 et ELIPA2 afin de répondre à la question : « comment l’état de santé des femmes immigrées varie en fonction des divers statuts légaux et quels sont les mécanismes sociaux qui expliquent ces variations ? »

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